Le marché des véhicules électriques accueille un nouvel acteur de taille. Le XPeng G6 Performance propose une architecture 800 volts, une puissance de charge maximale de 451 kW et promet une recharge complète en seulement douze minutes. Avec ses 480 chevaux et son assemblage européen à Graz, il menace directement les parts de marché du Tesla Model Y. Malgré des spécifications exceptionnelles sur le papier et une politique tarifaire agressive, un essai pratique révèle que la supériorité technologique ne garantit pas un comportement routier irréprochable.
Premièrement, ce qui dérange la plupart des gens à propos du nom XPengOn dirait une application, pas une voiture. Et pourtant, c'est l'une des histoires les plus sérieuses de la mobilité électrique. La marque a été fondée en 2014, elle vend aujourd'hui plus de 190 000 véhicules par an, et même Volkswagen détient une participation d'environ 5 % dans l'entreprise. Autrement dit : quand un géant allemand décide d'investir dans un nouveau venu chinois, il est temps d'arrêter de rire. Passons maintenant au test de performance du XPeng G6.
Et mieux encore – du moins pour la confiance en soi des Européens –, la G6 que nous conduisons ne vient pas directement de Chine. Elle est assemblée chez Magni Steyr À Graz, à deux pas de la frontière slovène. Technologie chinoise, assemblage européen et un prix susceptible de nuire aux marques traditionnelles.
Regardez le test complet dans la vidéo.
Voici l'épisode complet et sans coupure du Macarol Show : plus d'une heure de conduite, de recharge et de réflexions à voix haute sur la route. L'article vous livre un verdict rapide ; la vidéo vous montre comment nous y sommes parvenus : du démarrage à froid sur une borne de recharge ultra-rapide, en passant par une visite guidée et une épreuve de patience à l'intérieur, jusqu'au moment où les 451 kW annoncés se heurtent à une véritable borne de recharge européenne. Pas de raccourcis d'assemblage, pas d'embellissements — même lorsque le XPeng G6 Performance impressionne, et même lorsqu'il nous laisse à la recherche d'un compartiment inexistant. Prenez un café (la voiture vous le servira plus vite que vous ne pourrez le faire) et regardez jusqu'au bout.
Nous avons testé la version la plus puissante : la XPeng G6 Performance AWD, équipée de deux moteurs et d’une transmission intégrale. Ses caractéristiques : une puissance de 358 kW (480 ch), un couple de 660 Nm et une accélération de 0 à 100 km/h en… 4,1 secondes et vitesse terminale 202 km/hTout cela pour 55 500 euros. À titre de comparaison, pour ce prix, vous obtenez moins d'équipements avec la Tesla Model Y. Mais vous n'aurez pas le prestige d'une marque que votre voisin reconnaîtra. En fin de compte, la question est de savoir si cela en vaut la peine pour vous.

Belle, propre – et presque sans âme
Il y a un test devant Performances XPeng G6 Fluide et progressif. Pas d'agressivité, pas de calandre imposante, car c'est un véhicule électrique et il n'a tout simplement pas besoin de radiateur. La bande lumineuse court désormais sur toute la largeur et la voiture paraît plus large et plus chère qu'elle ne l'est réellement. L'effet est agréable, mais aussi un peu impersonnel. logo Et vous ne saurez pas quelle voiture vous regardez. Belle, propre, sans âme… Ce qui n’est certainement pas un mal si l’on considère une voiture comme un outil.

Du côté Performances XPeng G6 La silhouette à hayon, l'empattement long, les porte-à-faux courts, les poignées escamotables dissimulées et toit de coupé rétractableCe n'est pas un SUV classique, mais un SUV coupé. Il mesure 4 758 millimètres de long, 1 920 millimètres de large et 1 650 millimètres de haut, avec un empattement de 2 890 millimètres. De ce fait, il rivalise directement avec le Tesla Model Y, seulement quatre centimètres plus long mais plus bas. En résumé, le Xpeng G6 figure parmi les plus imposants et les plus affirmés de sa catégorie.



Ce qui caractérise le plus cette voiture, c'est sa couleur. Notre modèle d'essai était violet « Stellar », une teinte à 550 euros. Seul le blanc est gratuit ; toutes les autres couleurs coûtent 550 euros. Et honnêtement, c'est cette couleur qui la distingue des autres.
Un intérieur qui ne demande plus la permission
L'intérieur est moderne, accueillant et d'une finition impeccable. Les coutures sont quasi parfaites, tout s'ajuste à la perfection. Pour ce prix, vous bénéficiez de cuir nappa, d'un éclairage d'ambiance à 256 couleurs, d'un système audio à seize haut-parleurs et d'un écran central de 15,6 pouces à la fois net et réactif. De loin, il dégage une impression de luxe.
De près, l'origine chinoise reste perceptible. Les matières synthétiques grises dominent, et les éléments en bois évoquent du plastique bon marché au toucher. Rien de catastrophique, certes, mais pas à la hauteur de ce qu'on attend pour 55 000 euros. Un peu plus d'audace dans le mélange des matériaux à l'intérieur aurait été appréciable.
Voilà pourquoi les sièges effacent bien des rancœurs. Les sièges avant sont chauffants et ventilés de série, celui du conducteur est à réglage électrique avec mémoire, et sur les versions Long Range et Performance, vous bénéficiez même du massage des sièges avant – de série. C'est à ce moment-là que l'on comprend que les voitures chinoises ne demandent plus la permission. Elles sont livrées avec une liste d'équipements.




Mais voici le plus gros défaut de l'intérieur : la G6 est dépourvue d'affichage tête haute. Même en option. Une voiture qui se targue de technologies ne vous indique pas votre vitesse. À ce prix, c'est un inconvénient que l'on remarque à chaque fois que l'on quitte la route des yeux. Autrement, si vous n'êtes pas habitué à un affichage tête haute dans votre voiture, cela ne vous gênera pas.
Une caméra qui améliore silencieusement chaque changement de voie
Et voici ce qui nous a le plus surpris : lorsque vous actionnez le clignotant, l’image de la caméra du côté concerné s’affiche automatiquement sur le tableau de bord, indiquant avec précision l’angle mort, le cycliste, le piéton ou la voiture. Rien d’extraordinaire sur le papier. Mais c’est magique en pratique.
Étonnamment, nous avons commencé à utiliser cette fonction de manière totalement inconsciente. Nous n'avons pas eu besoin de nous dire « Je vais regarder la caméra » : nous avons actionné le clignotant et notre regard s'est naturellement porté sur l'image. C'est le genre de technologie qui ne fait pas de bruit, mais qui améliore discrètement chaque changement de voie. Pour nous, c'est l'un des meilleurs atouts de cette voiture. Par ailleurs, la G6 dispose d'une gamme complète de systèmes d'assistance – du régulateur de vitesse adaptatif au freinage d'urgence automatique – mais non, la voiture ne se conduit pas toute seule. Le conducteur reste responsable.

Le cœur de la voiture : une puissance impressionnante de 451 kW et une recharge ultra-rapide
Entrons maintenant dans le vif du sujet. Le G6 repose sur la plateforme SEPA 2.0 et intègre une architecture avancée de 800 volts avec des composants électroniques en carbure de silicium. Sa batterie, d'une capacité de 80,8 kilowattheures (bruts), utilise la technologie lithium-fer-phosphate (LFP) et est conçue pour un transfert d'énergie extrêmement rapide.
Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Grâce à la technologie 800 volts, le système permet de faire passer beaucoup plus d’énergie dans le câble sans surchauffe. Le résultat est une puissance de charge de pointe impressionnante de 451 kW. Cela signifie que la batterie est 10 à 80 pour cent ne remplir que douze (12) minutesCe n'est plus l'heure du déjeuner, mais juste l'heure d'un petit café.
Mais il faut être réaliste : 451 kW est la puissance maximale théorique, ce qui est rarement pris en charge par l'infrastructure européenne actuelle. Néanmoins, les tests pratiques sont impressionnants. Sur les rares bornes de recharge de 400 kilowatts (par exemple, lors du test britannique du magazine Autocar), la voiture a atteint des vitesses de pointe 372 kWAux bornes de recharge Ionity, le système maintient une alimentation électrique stable. entre 230 et 280 kWLa puissance de charge réelle aux bornes de recharge rapide est donc d'environ 300kWce qui garantit des arrêts ultra-rapides et prouve que la G6 est prête dès aujourd'hui pour les bornes de recharge du futur.
Malgré des vitesses de recharge record aux bornes publiques, la recharge à domicile est source de déception. Le chargeur à courant alternatif (CA) intégré peut… seulement 11 kWRecharger une batterie vide à domicile ou dans un centre commercial prendra plus de neuf heures. D'une voiture qui se recharge à une vitesse aussi extrême sur les bornes de recharge rapide, on est en droit d'attendre une puissance supérieure. Chargeur domestique de 22 kilowattsCe qui réduirait ce temps de moitié. C'est donc une fusée à l'autre bout du monde, mais un escargot à la maison. (La voiture est équipée de série d'une pompe à chaleur, ce qui est très utile pour l'autonomie et la préparation de la batterie par temps froid.)
Et en parlant d'autonomie : selon la norme WLTP, elle est de 510 km, mais en réalité, comptez plutôt sur 420 à 425 km. L'efficacité énergétique n'est pas le point fort de cette voiture ; Tesla reste la référence en la matière. Bien que la Xpeng n'ait pas consommé plus de 20 kW en conduite normale, sa réponse est claire : elle consomme peut-être un peu plus, mais elle se recharge beaucoup plus rapidement.



Extrêmement rapide – mais pas sportif
Et voici la réponse à la question initiale. On appuie sur l'accélérateur – 4,1 secondes pour atteindre 100 km/h, deux moteurs, 660 newtons-mètres – et la voiture vous plaque au siège. Une accélération fulgurante, sans aucun doute.
Est-elle sportive ? Non. Et c’est là que réside la différence entre « rapide » et « sportive ». La voiture pèse 2 220 kilogrammes et ne dispose pas d’amortisseurs adaptatifs. En mode Sport, la direction se fait plus précise et l’accélérateur plus réactif, tandis que la suspension reste souple. Elle est stable dans les virages rapides et offre une bonne tenue de route, mais elle n’incite jamais à la conduite sportive. Un moteur de voiture de course, un châssis de berline.
Sur l'autoroute, la G6 se métamorphose et brille de mille feux. La suspension s'assouplit, le confort devient optimal, les irrégularités de la route disparaissent. Le silence règne – à partir de 110 km/h seulement, un léger souffle de vent se fait entendre. Ce n'est pas une voiture de course. C'est une routière confortable dotée d'une accélération fulgurante. Le terme « performance » se réfère ici aux chiffres, et non aux sensations.
Coffre, coffre avant et compartiment mystérieusement disparu
Côté pratique, on retrouve un mélange d'atouts et d'étranges lacunes. Le coffre offre un volume de 571 litres, et jusqu'à 1 374 litres avec les sièges rabattus. C'est plus que nombre de ses concurrents. Un attelage est disponible en option pour 1 000 euros et permet de tracter jusqu'à 1 500 kg ; un porte-vélos ou une petite remorque ne posent donc aucun problème.
Le coffre du Tesla Model Y est plus grand sur le papier, mais sa hauteur est mesurée jusqu'au plafond, et non jusqu'à la ligne de vitre comme sur la plupart des autres modèles. En pratique, la différence est donc moins importante qu'il n'y paraît. Un point demeure cependant : le Tesla dispose d'un coffre avant, contrairement au G6. Et cela nous manque vraiment, car ce coffre est idéal pour ranger les câbles de recharge humides et sales. Dans le G6, tout trouve sa place dans le coffre principal, sous le double plancher.

Et voici la curiosité de l'année. La G6 n'a même pas de boîte à gants côté passager. Oui, vous avez bien lu. Les essayeurs ont passé plusieurs minutes à la chercher sur l'écran avant qu'on leur dise qu'elle n'y était tout simplement pas. Une voiture à 55 000 euros, en 2026, sans boîte à gants. Un exploit !
Prix, versions et cerveau contre cœur
Voici la gamme de prix : la version Standard Range, propulsion arrière et 185 kW (248 ch), est proposée à 43 900 euros et offre une puissance de charge impressionnante allant jusqu’à 382 kW. La version Long Range, avec la même batterie de 80,8 kWh, la même puissance de charge de 451 kW et l’autonomie maximale, est affichée à 49 500 euros. La version Performance, bimoteur et transmission intégrale, est disponible à 55 500 euros. Le pack Black Edition, avec ses finitions sombres, est proposé à 1 000 euros supplémentaires. Toutes les couleurs, à l’exception du blanc, sont disponibles en option à 550 euros.
Le bon sens voudrait donc qu'on opte pour la grande autonomie. Même technique de recharge, plus d'autonomie, et 6 000 € de moins. La performance, quant à elle, relève d'un choix purement émotionnel, pour ceux qui sont plus sensibles à un 0 à 100 km/h en 4,1 secondes qu'à un calcul rigoureux.

Verdict : Un travail d'ingénieur difficile mais sans âme.
Performances XPeng G6 La G6 est une voiture pleine de contradictions, et ce, de la manière la plus intéressante qui soit. D'un côté, c'est un chef-d'œuvre d'ingénierie pour son prix : architecture 800 volts, 451 kW de puissance maximale sur le papier et environ 300 kW en réalité (grâce à nos bornes de recharge), 80 % de recharge en douze minutes, un équipement de série très complet, du massage au toit panoramique, sans oublier cette excellente caméra d'angle mort qui améliore discrètement chaque trajet. En termes de technologies proposées à ce prix, la G6 est une affaire en or – et un rappel clair à l'Europe qu'elle ne doit plus se contenter de sourire, mais agir.
En revanche, à ce prix, certains inconvénients sont regrettables : absence de lunette arrière, de coffre avant, même pas de rangement côté passager, et la recharge alternative ne supporte que 11 kW. De plus, les performances sont certes rapides, mais pas sportives. Tesla reste plus efficiente, mais en matière d’assistance à la sécurité, selon l’évaluation… Euro NCAP mieux – 98 % contre 75 % pour le G6.
L'auriez-vous à la maison ? Comme deuxième voiture pour les longs trajets, oui, mais en version Grande Autonomie, pas en version Performance. Comme voiture principale, nous choisirions probablement un modèle avec plus de caractère. La main sur le cœur : Le Xpeng G6 est l'un des SUV électriques les plus rationnels du marché. Il est quasiment irréprochable. Il ne lui manque que ce qui ne figure pas sur sa liste de prix : un peu de caractère et une âme (un défaut également présent chez Tesla)... et bien sûr, un espace de rangement plus conséquent.





